Muséographie
Maquettes muséographiques et restitutions archéologiques
Des maquettes d'exposition conçues pour les musées et les sites patrimoniaux : restitution architecturale et archéologique d'édifices, de villes et de sites, à partir des données de fouilles et des sources historiques.
Lalibela : maquettes et réalité mixte
Trois maquettes du site de Lalibela et de ses onze églises taillées dans la roche, associées à une expérience en réalité mixte. Les maquettes sont aujourd'hui en Éthiopie.
On a tendance à dissocier la 3D et la réalité augmentée de la maquette physique muséographique. Pourtant, bien combinés, ces deux supports offrent aux visiteurs une expérience très enrichissante.
Le site de Lalibela
Creusé dans la roche des hauts plateaux, ce site chrétien réunit onze églises monumentales reliées par des galeries, des tranchées et des salles souterraines. Fondé sans doute au début du XIIIe siècle, toujours fréquenté par les fidèles, il est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1978.
Le site est présenté dans l'exposition « Sculpter la foi », à Addis-Abeba, depuis octobre 2022.
Une expérience en trois temps
La réalité mixte plonge le visiteur au cœur du site et révèle sa richesse historique, religieuse et esthétique. Guidé par un compagnon holographique, il voyage dans le temps en trois phases :
- Le voyage temporel : l'histoire du site, du premier millénaire à nos jours, avec les phases géologiques et architecturales qui ont permis sa construction.
- Au cœur de Giyorgis : le visiteur est transporté devant Bete Giyorgis, l'église cruciforme la plus impressionnante du site, pour en admirer les détails et comprendre sa portée symbolique.
- Le contexte culturel et religieux : le rôle de ce lieu saint pour les pèlerins et la foi chrétienne éthiopienne.
Les maquettes s'intègrent à une exposition « multi-supports » plus large : elles complètent les éléments classiques de l'exposition et rendent la visite plus complète, immersive et attrayante.
Bete Giyorgis, l'église Saint-Georges
L'église en forme de croix, creusée dans sa fosse au milieu de la roche et de la végétation.


Églises et tranchées
Plusieurs églises monolithes dégagées de la roche, reliées par des tranchées et des passages creusés.


Églises taillées dans la falaise
Des façades sculptées directement dans la paroi rocheuse, au pied d'un relief végétalisé.

La cité des comtes d'Armagnac à Lectoure
Maquette monumentale réalisée pour la commune de Lectoure dans le cadre de son développement patrimonial. Elle représente la cité dans son aspect actuel, avec son environnement topographique et paysager proche.
Cette réalisation fait connaître aux différents publics la richesse visible et invisible de la ville :
- un outil pédagogique pour faciliter l'orientation et l'identification des lieux par les visiteurs ;
- une topographie environnante très présente : pentes abruptes à l'approche de la cité, voie de chemin de fer, complexes techniques, cultures diversifiées ;
- l'implantation de la cité sur un éperon rocheux barré ;
- les fortifications visibles (corps de garde, bastion, château, remparts) et disparues (plusieurs lignes de remparts qui complétaient la défense) ;
- le patrimoine bâti médiéval mis en valeur par un traitement détaillé des monuments, le reste de la cité étant traité en volumes.




Champ de tumuli de Karzakkan
Cette maquette représente un champ de tumuli de l'âge du Bronze (600 tombes), associés à la phase « ancienne » de la civilisation de Dilmoun (entre 2000 et 1800 av. J.-C.). Elle s'inspire de la topographie du site de Karzakkan (ville de Madinat Hamad, royaume de Bahreïn).
Traitée en blanc, elle s'intègre à la scénographie du Hall of Dilmun Graves, réalisée par Didier Blin (Paris) et mise en lumière par Alexis Coussement, sous le commissariat scientifique de Pierre Lombard (CNRS) et de Nadine Boksmati-Fattouh (Bahrain Authority for Culture and Antiquities).




Crédit photos : Pierre Lombard
Cité médiévale de Chauvigny
Cette maquette, réalisée pour les collections permanentes du musée, représente l'étendue architecturale de la ville médiévale et son environnement géographique proche.
L'échelle du 1/1000e permet une emprise importante tout en gardant les structures lisibles pour le public : une maison mesure entre 5 mm et 1 cm.
L'atelier a pris en charge une partie de la restitution architecturale de certains édifices et habitats dont il restait peu de traces archéologiques. Ce travail s'est appuyé sur le cadastre de la ville, des photos anciennes de bâtiments dont l'ossature était « présumée médiévale » et des plans de fouilles, en étroite collaboration avec le conservateur du musée et son équipe d'archéologues.






Le site archéologique de La Bâtie-Montsaléon (Hautes-Alpes)
Maquette de la cité antique de Mons Seleucus, restituée entre le milieu du Ier et le milieu du IIe siècle, à l'apogée monumental de la cité.
La documentation du site est ancienne et hétérogène. Les bâtiments sont donc restitués en volumes, sans détails architecturaux inconnus, et sont amovibles pour suivre les découvertes futures. Les plans s'appuient sur la prospection géophysique, aérienne et de terrain, et sur la comparaison avec d'autres restitutions, comme le sanctuaire de Corseul.
La maquette se lit selon trois niveaux d'hypothèses :
- élévation complète avec toitures, quand les plans ou les fouilles le permettent ;
- aspect ruiné, quand les indices sont insuffisants ;
- simple plan au sol, pour les structures non fouillées.






Fort Caroline, colonie française (Floride, 1564)
Maquette du premier fort français construit sur le sol des actuels États-Unis, réalisée pour l'exposition « Floride 1562-1565, un rêve français » au Musée du Nouveau Monde de La Rochelle.
L'architecture et la topographie sont restituées d'après les gravures de Jacques Le Moyne de Morgues et le journal de René de Laudonnière, capitaine de l'expédition.






La base sous-marine de La Pallice
Maquette de la base sous-marine allemande de La Pallice, réalisée pour l'exposition « La Rochelle 1939-1945 ».
La restitution s'appuie sur une étude iconographique : les plans de l'organisation Todt et les photographies de l'époque.






Villa gallo-romaine tardive (IIIe-IVe siècle)
Restitution architecturale d'une villa de Châteauneuf-du-Rhône (Drôme), fouillée avec minutie par l'archéologue Jean-Claude Béal (Université Lyon II). Sa pars urbana couvre plus de 5 000 m².
Le site n'est plus visible aujourd'hui : la maquette permet de le découvrir.






Établissement rural de la fin du second âge du Fer (IIe-Ier siècle av. J.-C.)
Restitution du site archéologique de la Chapellière à La Chaize-le-Vicomte (Vendée), fouillé sous la direction de Patrick Maguer (Inrap GSO, UMR 6566), en étroite collaboration avec lui pour restituer les bâtiments. La maquette a aussi été présentée au XXXIe colloque international de l'AFEAF (Association française pour l'étude de l'âge du Fer).
Le site, occupé à la fin de La Tène sur près de 10 ha, a livré un établissement rural de 1,5 ha, scindé en deux par un fossé et divisé en quatre parts égales par un axe de circulation est-ouest. Ses bâtiments étaient des habitations ou des annexes agricoles.






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